Accueil > L'essentiel du Poker > Les grands joueurs

L'ESSENTIEL DU POKER

LES GRANDS JOUEURS

Stu Ungar
«

Il n’y a pas de bons ni de mauvais perdants.
Il n’y a que des perdants.
»
Stu Ungar

Stuart Errol Ungar est né le 8 septembre 1953 à Manhattan. Très tôt, il a accompagné sur les champs de courses son bookmaker de père. On jouait beaucoup aux cartes dans sa famille. Il a appris le gin-rummy et a prouvé qu'il avait un don pour ce jeu. A l’âge où il aurait dû jouer aux billes dans la cour de son école, il préférait défier des adultes dans des compétitions de gin. Il a gagné son premier tournoi à l'âge de 10 ans. Ses proches en ont vite été persuadés : Stu était un génie du jeu. A 15 ans, il a gagné 10.000 dollars dans un tournoi de gin-rummy, et dès lors, même les meilleurs joueurs de la région ont refusé de l'affronter.

Il a quitté l'école après cette victoire et a commencé à vivre du jeu. Stu était né pour le jeu, il y excellait, c'était un psychologue-né et un calculateur effréné. La plupart de ses adversaires s'accordaient à dire qu'il jouait comme s'il avait l'expérience d'un vieux routier des tapis verts.

Après être passé par Miami, il s'est installé en Californie en 1978 (il avait 23 ans et en paraissait 15) et a pu à nouveau jouer au gin. Il avait une tête de gamin, une coupe à la Beatles, mesurait 1,65 mètre et pesait 50 kilos. Cela a trompé beaucoup de joueurs qui le sous-estimaient et ne tardaient pas à s’en mordre les doigts. Il a ainsi battu les meilleurs au gin-rummy, jusqu'au jour où, à Las Vegas, il a été interdit de tournoi par les organisateurs : les joueurs les avaient prévenus qu’ils ne s’inscriraient pas si Ungar était présent.

A la recherche de nouvelles tables, il a écumé toutes les salles de jeu de la ville. Il était doté d'une mémoire visuelle prodigieuse. Il a parié un jour $100.000 avec un joueur de blackjack qui ne le croyait pas capable de mémoriser la moitié d'un sabot de 312 cartes. Stu Ungar l'a fait. Résultat : il a été interdit aux tables de blackjack de tout Las Vegas et les casinos ont resserré les règles.

Stu n'était pas toujours un bon camarade. Il avait des manières brutales et insultait couramment les donneurs. C'était un sauvage, comme quelqu'un qui n'aurait jamais reçu d'éducation. Si on devait faire un parallèle avec le rock'n roll, il était la Janis Joplin du Poker : même dans son élément, même bourré de drogues, il n'était pas vraiment à l'aise. Pourtant, il connaissait des jours de flottement. Ces jours-là, il jouait plus mal qu'un débutant. S'il était dans un bon jour, il avait une "lecture" magique de l'adversaire, il attaquait sans cesse, il pouvait aussi jeter ses cartes cinquante coups d'affilée, en chasse du coup unique de la soirée.

Par bravade, par panache aussi, il pariait des sommes énormes dans des domaines qu'il connaissait mal, comme pour se prouver à lui-même qu'il était non seulement un génie mais qu'en plus il avait de la chance. Il a ainsi perdu des sommes folles au golf, sur les champs de courses et sur les paris sportifs. Un jour, sortant d'un casino avec en poche $20.000 dollars qu'il venait de gagner dans un tournoi de Poker, il a participé à un jeu où il s'agissait de jeter une pièce de monnaie contre un mur. Il a tout perdu en une heure.

Après ses deux titres de champion du monde de Poker WSOP « main event », en 1980 et 1981, il est devenu l'homme à abattre. C'était toujours une gloire, pour les quelques-uns qui l'ont fait, de le battre dans un tournoi ou dans une partie d'argent. Il affectionnait aussi le Poker en tête à tête dans les chambres d'hôtels, où les plus grands joueurs le défiaient.

Puis il a dû affronter le pire de ses ennemis : une longue traversée du désert due aux drogues. Enfin remis sur pieds en 1996, il est revenu aux affaires et s'est remis à gagner. En 1997, il s'est inscrit au Championnat du monde WSOP et l'a gagné, pour la troisième fois, établissant un record qui tient toujours. Il a empoché un demi-million de dollars, qu'il n'a pas tardé à reperdre à force de paris sportifs désastreux. Il a été incarcéré plusieurs fois.

Le 22 novembre 1998, 35 ans jour pour jour après l'assassinat de Kennedy, il a été retrouvé décédé dans la chambre n°16 de l'Oasis Hotel. Le médecin a diagnostiqué une mort accidentelle par artériosclérose coronarienne. De la cocaïne, du Percodan et de la méthadone ont été retrouvés dans son corps mais pas en quantité insuffisante pour l'avoir tué. Il avait 45 ans et laissait une femme et une adolescente derrière lui.

Dans sa carrière, Stu Ungar a participé à trente tournois majeurs. Il en a gagné dix. Ce record n'a jamais été égalé. Chose unique, il a gagné trois fois le Championnat du monde WSOP et trois fois l'Amarillo Slim Super Bowl. Les spécialistes estiment qu'il a empoché plus de 50 millions de dollars dans sa vie de joueur. Cinq ans après sa mort, il était encore dans le top 10 des records de gains aux WSOP.

François Montmirel
EcoleFrancaiseDePoker.fr
Reproduction interdite - Tous droits réservés Ecole Française de Poker 2008 – Lucien Barrière Hôtels & Casinos
Accueil

Préférez un jeu responsable - L'accès aux espaces de jeux est strictement réservé aux personnes majeures non interdites de jeux et sous réserve de la présentation d'une pièce d'identité
en cours de validité. Le casino se réserve le droit de refuser l'accès à toute personne ayant souscrit une Limitation Volontaire d’Accès dans un casino Barrière.
© Copyright - Lucien Barrière Hôtels & Casinos 2009 |
Conception & réalisation : Eggs Agence