Johnny Moss
«
Je n’ai jamais plaint les perdants.
»
Johnny Moss
John Moss est né en 1907 à Marshall, au Texas. Puis sa famille a déménagé à Dallas.
Il a commencé à jouer à dix ans, après la port de sa mère et la maladie de son père. Il a appris le Poker à Odessa, au Texas, au sein d’une bande de tricheurs. Il est devenu autonome à quinze ans, puis s’est intéressé au Otter’s Club, le plus gros club de Poker de la ville. Il y a trouvé un job à sa mesure : pourchasser les tricheurs.
Après avoir appris le Stud à 5 cartes joué en no-limit au Otter’s Club, Moss a migré vers l’Elk’s Club où se pratiquait le Texas Hold’em à 10 joueurs, cette variante du Poker inventée vers 1900. C’était une table à limites fixes mais il a beaucoup intéressé le jeune homme. Il en a parlé au patron du Otter’s, un certain Wade, qui a fini par ouvrir lui aussi une table de Hold’em, mais cette fois en no-limit, sur le conseil du jeune homme. C’était en 1925 et ce fut un succès. Moss est donc l’inventeur du Hold’em no-limit, le Poker le plus pratiqué au monde aujourd’hui.
Dès lors, il avait trouvé sa voie. Il jouait à « sa » table tous les jours et y gagnait parfois jusqu’à 500 dollars en une journée. En 1926, Moss est devenu « road gambler » (joueur itinérant). Il allait de ville en ville à la recherche de la meilleure partie : Mexico, Tahoe… Il savait bien jouer, aussi n’aurait-il jamais eu besoin de tricher.
« Je n’ai jamais plaint les perdants » aimait-il à répéter. Pourtant, il a failli le devenir quand il s’est attaqué au craps. Il reconnaît y avoir perdu plus de huit millions de dollars en quatre ans, ainsi qu’aux paris sur les matches de football. Un jour, il a donné 200.000 dollars à sa femme en lui demandant d’aller acheter la maison qu’elle voulait. Le lendemain, ratissé, il a demandé à sa femme de lui rendre l’argent. Finalement, il a arrêté ce genre de jeux en même temps qu’il a décidé d’arrêter de fumer. « Ca m’a aussitôt rétabli mon acuité visuelle. J’étais mieux dans ma peau et je suis devenu gagnant. Depuis, je n’ai jamais changé d’état d’esprit. »
Moss était aussi un fin joueur de golf, où il affrontait de riches businessmen et n’hésitait pas à se donner des handicaps en plus si cela pouvait convaincre l’adversaire de miser une forte somme. C’était aussi une fine lame au bowling, où il reconnaît y avoir gagné deux millions de dollars.
Dans les années 1940, la réputation de Moss était au-dessus de tous les joueurs de Poker. Mais de 34 à 38 ans, la guerre s’est emparée de lui et il a dû remplir ses devoirs le fusil à la main. Là encore, les parties de dés et de Poker étaient à l’avantage de Moss.
Le bienfaiteur de Moss a été Benny Binion, son meilleur ami d’enfance. Après une carrière lucrative de racketteur à Dallas, Benny a dû mettre les voiles pour cause de risque mortel dans son secteur et a échoué au milieu du désert, à Las Vegas. On raconte (mais ce n’est pas vérifié) qu’en 1949, Binion a organisé un marathon Poker entre Johnny Moss et le fameux Nick « The Greek » Dandolos. Les deux hommes se seraient ainsi affrontés pendant cinq mois à l’entrée du Horseshoe club. Moss aurait gagné quatre millions.
A partir des années 1950, Moss a affronté des joueurs qui sont devenus de véritables légendes : Doyle Brunson, Amarillo "Slim" Preston, "Puggy" Pearson, "Sailor" Roberts… Pour eux, Moss était un dieu vivant, un de ces rescapés du Poker d’avant-guerre.
En 1970, Benny Binion a lancé les premières WSOP (World Series of Poker) au casino Horseshoe, à Las Vegas. A la fin de la semaine de tournois, les joueurs ont voté et ont élu Johnny Moss champion. En 1971, les WSOP sont devenues un véritable tournoi et Moss l’a gagné à la régulière. Il a terminé deuxième en 1973, puis champion encore une fois en 1974.
Avant qu’il s’arrête de jouer régulièrement, dans les années 1980, Moss a été 27 fois classé aux WSOP. Il a joué au Poker jusqu’à ses derniers jours, en 1997. Le Poker était la seule chose qui pouvait faire briller ses yeux. Il a été surnommé « The grand old man of Poker ».
François Montmirel
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